Chargement...
Chargement...

Une vie à soi

no_media
Une actualité de Véronique M.
Publié le 16/03/2016

Si s'interroger sur le sens à donner à votre vie vous paraît dérisoire ou au contraire une énigme illisible et sans réponse, sachez que les romans sont des formidables miroirs de cette richesse à la fois commune et individuelle.

Dominique Rabaté, professeur à l'université Bordeaux III, est venu débattre devant nos micros (vous pouvez ici le réécouter dans nos podcasts) de cette vaste question sur laquelle achoppe la tradition romanesque depuis Flaubert et jusqu'au milieu du XXème siècle. C'est en qualité de spécialiste et passionné de cette littérature moderne  que son cinquième essai qui vient de paraître chez Corti, Le roman et le sens de la vie, montre le basculement de ce genre florissant au XIXème siècle vers le récit d'une expérience intérieure proprement opaque, paradoxalement incommunicable mais riche de toutes les possibilités de la langue devenue le centre des préoccupations du romancier (1) S'appuyant pour cela non seulement sur deux romans représentatifs de cette période qui placent "le sens de la vie" au centre de leur oeuvre (La mort d'Ivan Illitch de Tolstoï : 1886- et Voyage au phare de Virginia Woolf : 1927, à laquelle il emprunte la formule qui donne son titre au présent ouvrage) et sur divers illustres critiques (Walter Benjamin, Bernard Pingaud, Thomas Pavel, Paul Ricoeur, Lukacs), il nous convainc face caméra que le roman porte remarquablement en lui-même cette vieille rengaine existentielle qui fait la formidable matière de nos vies et de nos lectures.


(1) Souvenez-vous du célèbre voeu de Flaubert qui en appelait à écrire " un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l'air, un livre qui n'aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière." (extrait d'une lettre à Louise Colet datée du 16 janvier 1852)

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !