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Venise dans une cave

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 15/03/2016

une-saison-a-venise.jpgUn ballon rouge et blanc, le goût du réglisse, un alligator aperçu dans un zoo, une tour d'un dénommé Eiffel qui s'élève jusque dans les cieux, une pièce de 1 franc d'une valeur forcément inestimable trouvée dans la poussière d'une cour d'école, ... Les souvenirs d'enfance sont bien les plus beaux et les plus intenses que l'on conserve au cours d'une vie. Une saison à Venise de Wlodzimierz Odojewski, paru en Rivages, réveillera certainement en chacun de vous les émerveillements d'antan, entre rêve, illusion et réalité.

Marek, neuf ans, attend avec impatience ses premières vacances à Venise, lieu de villégiature familiale. Or nous sommes en Pologne en 1939, et le pays commence à être envahi par l'Allemagne nazie. A défaut de Venise, c'est dans la maison de tante Weronika, située en pleine campagne, que le petit garçon passera ses vacances d'été. Le foyer recueillera rapidement le reste de la famille. Cependant, la joie de retrouver ses proches ne résistera pas longtemps à la déception de devoir différer l'accomplissement de son rêve. Un jour, alors que les bombardements se font plus que jamais menaçants, une source miraculeuse - à moins qu'il ne s'agisse d'une canalisation déficiente - va inonder la cave. Alors que tante Weronika percevra les vertus thérapeutiques de cette eau lustrale, et émettra l'idée de créer des thermes, tante Natacha, de son côté, va imaginer de réinventer Venise. Les planches à repasser et les tables de ping-pong serviront de terrasses, les baquets de la buanderie feront de très convaincantes gondoles et le violon et le vieux piano seront parfaits pour les concerts du soir. Ainsi, tandis que les obus déchirent le sol et que les soldats meurent par milliers, les enfants sont protégés des affres de la guerre grâce à l'univers onirique qu'ils ont créé dans leur cave.

Avec ce court texte, Wlodzimierz Odojewski, né en 1930 en Pologne, nous offre un véritable petit bijou de sensibilité, de grâce et de délicatesse. Une saison à Venise fait partie de ces textes qu'on lit d'une traite, mais qui nous berce encore longtemps de sa douce mélodie. Il nous signifie ainsi que nos jeux d'enfant sont décidément inoubliables.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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