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Vive les mariés !

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 29/05/2013

"Le mariage multiplie par deux les obligations familiales et toutes les corvées sociales" écrivait Simone de Beauvoir*. A la lecture de Plan de table, nul ne doutera plus que le mariage est en tout cas un moment bien difficile à vivre pour tous les protagonistes ! Sous forme d'une comédie douce amère particulièrement endiablée mais teintée d'une certaine mélancolie, Maggie Shipstead signe là un premier roman qui navigue dans les eaux tumultueuses d'un huis-clos familial, oppressant pour ses personnages, jubilatoire pour ses lecteurs. Du jeudi au samedi, ce sont trois jours denses en émotions et en questionnements qui vont agir comme un véritable révélateur dans cette très bonne société où l'apparence compte bien plus que l'intégrité.

Winn, la cinquantaine séduisante, rejoint Waskeke, propriété familiale de la Nouvelle-Angleterre où sa fille aînée a souhaité célébrer son mariage. Dès son arrivée, la maison lui semble littéralement envahie d'être féminins préoccupés par des histoires d'essayage et de maquillage. La partie se joue à sept contre un : six femmes (Biddy, sa fidèle épouse, leur  deux filles, Daphné - future mariée - et Livia, depuis peu délaissée par celui qu'elle aimait, Céleste, sa belle-sœur et trois demoiselles d'honneur dont la turbulente et sensuelle Agatha) et lui, désarçonné de ne pas retrouver dans cette maison la tranquillité coutumière. Et plus désarçonné encore d'être si attiré par Agatha, jusqu'à ne plus pouvoir y résister dans cette ambiance fiévreuse. A moins que son autre obsession ne vienne prendre le pas sur ce désir charnel insurmontable : Winn n'est animé que par un rêve, celui d'entrer au prestigieux Club de Pequot dont les portes  restent pour lui, malgré ses demandes incessantes, toujours closes...

Outre le chassé-croisé sentimental qui anime tout au long du roman ces trois jours d'hystérie où l'on passe du rire aux larmes et de la prudence au lâcher-prise, la peinture du milieu de l'upper class américaine de cette très chic côte est apporte une dimension sociale tout aussi réjouissante à ce Plan de table bien plus compliqué qu'on ne pourrait croire. Les personnages, grotesques dans leur soif de reconnaissance qui leur sert de masque y compris pour eux-mêmes, s'y débattent avec leurs illusions, leurs craintes, leurs faiblesses et leurs rêves, revisitant dans une chronologie mouvementée les épisodes de leur vie qui les ont fait tels qu'ils sont.

Comment la paix peut-elle surgir du chaos ? Pour le savoir, penchez-vous sur ce Plan de table (parution le 20 septembre aux éditions Belfond) à la composition irréprochable !

*La force de l'âge (Folio)

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Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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