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Voyage au bout de Clichy

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Une actualité de Emilie
Publié le 03/08/2013

Dans quelles conditions s'écrit un chef-d'oeuvre? Vaste sujet, qui ne cesse d'alimenter le travail des biographes, et qui fait l'objet aussi de pas mal de fantasmes.... Si nous avons accès à un certain nombre de manuscrits originaux,  on ne sait souvent que peu de choses sur la manière avec laquelle se sont construits les textes d'auteurs déjà disparus. Peu aussi sur quelles en ont été leur réception. On reconnait aux écrivains quelques manies -certains préfèrent  dicter leur texte, d'autres le taper, d'autres encore n'écrivent qu'armés d'un stylo fétiche- mais quant à savoir si ces manies jouent réellement un rôle dans la constitution d'une oeuvre majeure, cela reste un mystère....

Et c'est ce genre de mystère qui a inspiré Vincent Jolit pour la rédaction de son tout premier roman, Clichy, qui s'attaque à un livre célèbre, et non des moindres, puisqu'il s'agit de Voyage au bout de la nuit.

Seul fait avéré dans la rédaction de ce livre: l'auteur s'est adressé à Aimée, secrétaire du dispensaire dans lequel il a travaillé à Clichy, pour le dactylographier. A partir de là, Vincent Jolit n'a fait qu'inventer... Mais quelle invention! Il s'est totalement immergé dans le Paris de l'après-guerre, a sans doute lu et relu l'oeuvre de Céline et de ses biographes, mais il est aussi parvenu à imaginer une histoire aussi romanesque que touchante.

Avec un ton particulièrement bonhomme, Jolit nous conte l'histoire d'une jeune célibataire de Clichy bien sous tous rapports mais que la solitude et le manque d'amour ronge. Face à elle, un Céline aux allures de clochards qui est par ailleurs son supérieur. Est-il possible de refuser un service à son supérieur?  C'est ainsi qu'un soir, Louis se rend chez elle armé d'une brouette pour lui apporter son "ours" : quelques huit cents pages manuscrites. Un épisode qui marquera le début d'un travail titanesque et d'une relation bien étrange...

Comment ne pas penser à Echenoz à la lecture de ce texte, dont le genre de la biographie romancée exploité ici  -une des spécialités d'Echenoz, on le sait- tout comme le style y font sans cesse écho. Nous ne saurons que trop vous encourager à lire ce petit roman -qui paraît le 22 août aux éditions La Martinière- , 136 pages totalement jouissives, et à souhaiter à Vincent Jolit pour ce premier livre le même retentissement dont Céline a bénéficier pour son premier roman, Voyage au bout de la nuit.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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