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Zuckerman, suite et fin ?

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Une actualité de Fleur Cattiaux
Publié le 30/08/2013

Philip Roth (photo de L’Express)Non, un libraire ne conseille pas systématiquement ce qu'il aime le plus. Et ce pour au moins deux raisons. La première serait qu'un livre donné l'a tellement marqué que cela se passe de mots. Il serait donc bien en peine de dire quoi que ce soit de plus à son sujet qu'un simple "Lisez-le, c'est superbe !", redoutant surtout qu'on lui pose la moindre question. Quant à la deuxième, elle est intrinsèquement liée au contenu du livre, et non pas à l'expérience qu'en a eue ce lecteur averti. Une certaine forme de déontologie l'empêcherait ainsi de recommander chaudement la lecture de romans absolument déprimants qui pourraient donner des envies qu'on l'on qualifiera de morbides à quiconque plongerait le nez dans ses pages. Malheureusement, tel est le cas de bien des merveilles de littérature, comme Suicide, d'Edouard Levé (cf. notre blog du 25 avril 2008), La pluie jaune, de Julio Llamazares, ou encore Un homme, de Philip Roth. En parlant de ce dernier, qui est sans conteste l'un des plus grands romanciers américains contemporains, voilà qu'il récidive cette année avec la traduction en français de Exit Ghost, paru aux Etats-Unis à peu près au moment où les lecteurs français découvraient Un homme. Or c'est précisément parce qu'Exit le fantôme, le neuvième - et peut-être dernier - livre de la série mettant en scène Nathan Zuckerman, le double de l'auteur, fait partie de ces livres que j'aurais bien du mal à vous recommander en vous regardant droit dans les yeux tout en vous assurant que vous passerez un bon moment, qu'il est à mes yeux bien plus sage de vous en parler par écrit. Quoique... Dans la mesure où vous comprendrez bien assez tôt de quoi il retourne - la première page donne incontestablement le ton - je me contenterai de vous dire qu'il appartient sans conteste à la catégorie de ces livres qui prennent aux tripes, ces livres que l'on ne lâche pas avant de les avoir finis, ces livres qui continuent à nous hanter encore bien longtemps après qu'on en a achevé la lecture, ces livres, enfin, que l'on a aucun mal à qualifier de chefs d'oeuvre.

F.A.

Bibliographie