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Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti

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Une actualité de Administrateur
Publié le 20/04/2016
Jacob, Jacob. Un prénom pour deux frères auxquels la vie a été arrachée trop tôt. La candeur et l’innocence, dans lesquelles le premier restera enfermé à jamais, accompagnent le second jusqu’à ce que la guerre vienne en briser les éclats. Nous sommes en juin 1944 et la France a besoin de troupes pour le débarquement en Provence. Jacob, un jeune juif de Constantine est appelé. Progressivement, on assiste au récit de son engagement, de son acharnement à vaincre pour remporter la victoire, celle qui fera de lui et de ses camarades, un honneur pour la France. Mais la réalité est plus rude et Valérie Zenatti s’engage à ne pas nous le faire oublier. Grâce à de longues phrases poétiques et sans fin, l’auteur nous plonge dans les abîmes de la guerre, sa cruauté, son injustice et sa fatalité, sans pause ni répit. La peur mais également la souffrance sont de mise dans ce roman presque psychologique qui décortique les pensées les plus profondes. Car le sort de Jacob ne le concerne pas seulement, il touche aussi toute sa famille, plongée dans la tristesse, les remords et les interrogations. Des questions sans réponse parcourent ce livre de bout en bout, pour lesquelles on donnerait tout pour y répondre et procurer ainsi une once de soulagement à ces personnages torturés. Valérie Zenatti trouve les mots justes pour nous plonger dans ce décor cruel si proche et lointain à la fois et trouve le ton adéquat pour ce roman de mémoire. Car en se lançant sur les traces de cet enfant parti trop tôt et trop vite oublié par celle qui avait eu besoin de lui, l’auteur nous agrippe fermement pour que nous aussi, à notre tour, nous puissions marteler en mémoire de ces jeunes recrues mortes au combat, le doux nom de Jacob, Jacob. Quentin Blot