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Les cités obscures. 5, Brüsel de Benoît Peeters et François Schuiten

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Une actualité de Administrateur
Publié le 26/05/2015
Il y a précisément 32 années de cela, le dessinateur bruxellois François Schuiten et le scénariste parisien Benoît Peeters sortaient « Les Murailles de Samaris ». La série Les Cités Obscures était née. Presque 10 ans après, en 1992, l’histoire de ce monde parallèle s’étend au travers d’un cinquième volume : Brüsel. Statuant parmi les plus grandes et influentes des Cités Obscures, Brüsel mène une politique de modernisation et d'urbanisation intense sous l’impulsion du promoteur peu scrupuleux Freddy de Vrouw. Convaincu par le magnat de faire de Brüsel une capitale digne de ce nom et de quitter ses allures de « grosse bourgade vieillotte » par rapport à Pâhry, le bourgmestre entreprend des travaux de construction assez gigantesques pour faire rougir les travaux haussmanniens. C’est au fredonnement de La Mer de Charles Trenet que l’histoire nous introduit dans l’univers de Constant Abeels, fleuriste enthousiasmé par le progrès et la modernité, en commençant par les plantes en plastique. Fini les exhalaisons émanant de la dégradation des végétaux, bonjour les verts pâturages durant toute l’année ! Mais tout n’est pas rose dans Brüsel, ville aux grandes aspirations. Une fâcheuse coupure d’eau pousse Constant à se rendre au Palais des Trois Pouvoirs où il va rencontrer les « faiseurs du futur », mais également la belle Tina Tonero, fauteuse de troubles hautement qualifiée. Tout en s’inspirant de faits réels à propos de l’évolution de la capitale belge, Brüsel est une ville parallèle à Bruxelles, où ses dirigeants sont obnubilés par la modernité, moyen pour eux de tenter de consoler leur complexe d’infériorité. Au travers de personnages charismatiques et de décors à couper le souffle, tant par la justesse du trait que par l’imagination architecturale, Schuiten et Peeters nous livrent à eux deux une histoire captivante sur la place que doit occuper le progrès dans la vie moderne et les dérives qui peuvent en découler. En effet, l’assouvissement de ses desseins personnels sans la prise en considération des autres, mais surtout de la population, mène à un système fragile où le moindre imprévu pourrait avoir des conséquences redoutables. Nathan GAUDUEL