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Les Fortune de France de Robert Merle, par Lucie Danober

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Une actualité de Administrateur
Publié le 22/05/2013
Fortune de France, série de romans historiques écrite par l’excellent Robert Merle, est pour moi la meilleure saga du monde. Tout simplement. Elle couvre les aventures – mouvementées – d’une famille à la fois catholique et convertie au protestantisme, alors que les guerres de religions embrasent le Royaume de France et déchirent l’Europe toute entière. J’avoue que mon envie de faire découvrir cette série à tout le monde confinerait presque au harcèlement : « Ouvre ce livre et ton rapport à l’Histoire va changer. Je te donne trois chapitre maximum pour t’attacher irrémédiablement à Pierre de Siorac et partir sillonner la France à cheval à ses côtés ». Rien ne me fait plus plaisir que lorsqu’on me dit sur le ton de la fausse reproche : « Je te hais, j’y passe mes nuits, je n’arrive plus à décrocher ». Oui, je sais, je me suis moi-même retrouvée piégée pendant des centaines de pages, le cœur battant. « Commence-les et tu verras… », m’a dit mon grand-père en me tendant le premier tome. Car l’obsession Fortune de France est une affaire familiale. Ma mère les a lus avant moi, ce qui est assez amusant, parce que les deux seuls événements historiques qu’elle puisse dater aujourd’hui sont la bataille de Marignan et la prise de la Bastille. Et elle a pourtant adoré. C’est là le talent de l’auteur : féru d’Histoire ou non, tout le monde est happé dans l’univers. Il a eu cette idée de génie de recréer la langue de l’époque (un travail titanesque), ce qui –tout en restant compréhensible- donne à l’œuvre une saveur toute particulière, un parfum d’authentique. Avec quelques effets collatéraux incongrus : je me suis surprise plus d’une fois à jurer en ancien français suite à cette lecture. Ces livres sont un peu mon grimoire magique personnel, ma machine à remonter le temps : Qui n’a jamais rêvé de pouvoir lever le rideau et plonger dans les coulisses de la version officielle, figée et solennelle de ses leçons d’Histoire ? De pouvoir saisir les sentiments de tout un peuple, ses attachements, ses déceptions et ses espoirs ? Fortune de France exauce tous nos souhaits. Pour finir, je citerai ces mots lus dans une interview (la personne interrogée a d’ailleurs gagné 1000 points de charisme et de classe à mes yeux) : « Quand on finit cette série, on se sent comme orphelin ». Je ne peux qu’approuver. Merci pour tout, Robert Merle.