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Les Harry Potter de J.K Rowling

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Une actualité de Administrateur
Publié le 23/02/2015
Je suis trop vieille pour lire Harry Potter. Telle était ma position jusqu’à ce qu’un ami proche de la retraite me glisse entre les mains Harry Potter à l'école des sorciers, le best-seller de J.K Rowling. D’ailleurs, je n’aime pas les best-sellers. Par politesse, j’ai promis lire le premier chapitre. C’était il y a plus de dix ans. Depuis, j’ai lu et re-lu la saga complète, en deux langues, et la collection trône fièrement dans mon salon. Que s’est-il donc passé ? Harry Potter n’est pas un vrai héro. Mis à part quelques pouvoir magiques non maîtrisés, il n’a aucune compétence particulière. Il hésite, se trompe parfois, se réjouit de ses succès, et espère parvenir à surmonter les difficultés à venir. Harry Potter, c’est vous, c’est moi. Qu’y a-t-il donc de si fascinant à cela ? Le secret, partagé par les lecteurs uniquement, est qu’Harry Potter n’est pas un personnage : c’est un univers. Comme tous les élèves de Poudlard, Harry est interne. Il se lève le matin au milieu de ses camarades de la maison Gryffondor, s’habille et descend avec eux des escaliers qui changent de position en permanence. En passant devant le tableau de la Grosse Dame, celle-ci lui souhaite une bonne journée. Dans la salle commune, le petit déjeuner préparé par des elfes de maison est téléporté sur la table. Dans La Gazette du Sorcier déposée par hibou, Harry apprend qu’un nouvel attentat contre des Sang-de-bourbe a été perpétré. Lorsque le porridge est trop chaud, Harry se brûle les lèvres. Dans Harry Potter, la magie est partout : les hommes se transforment en animaux, les bonbons-grenouille sautent, les pensées peuvent être stockées dans une bassine… Pour autant, magique n’est pas synonyme d’idyllique. Les morts ne reviennent pas à la vie. Il n’existe pas non plus de sortilège contre la solitude ou la tristesse. Si un os fracturé peut repousser grâce à une potion, le processus reste particulièrement douloureux. L’univers d’Harry est magique de part les possibilités qu’il offre : je rêverais moi aussi d’endosser une cape d’invisibilité ou de monter à dragon ! Mais cet univers est d’un réalisme absolu s’agissant de la dureté de la vie. Avec ou sans magie, les pauvres sont pauvres, les laids sont laids, des malheureux souffrent. La nature humaine apparaît dans toute sa vérité : lâchetés, trahisons, ignorance, rien n’est épargné à Harry. Heureusement, l’amitié et l’amour non plus. Parfois, je m’imagine étudiante à Poudlard. Aurais-je été membre de la maison Gryffondor, Serpentard ou Serdaigle ? Aurais-je réussi à résister au Miroir du Riséd ? Et si je détenais un coffre dans une banque comme Gringotts ? Harry Potter n’est pas un livre que l’on oublie. Coincée dans le tramway, je me surprends encore à rêver d’un balai Nimbus 2000. Non, je ne suis définitivement pas trop vieille pour lire Harry Potter. D’ailleurs, j’attendrais que mes enfants soient grands avant de leur lire la saga de J.K Rowling: trop jeunes, ils risqueraient de n’y voir qu’une histoire de petits sorciers.