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Les lycéens écrivent aussi (6ème édition – billet n°17)

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Une actualité de Marilyn
Publié le 03/04/2015
Billet portant sur La Guitare de Michel del Castillo logocondorcet214328La guitare est un récit de Michel DEL CASTILLO, publié en 1958. Différents thèmes sont abordés dans ce livre, tout d’abord celui de la différence et du rejet qu’elle entraine, celui de la musique et de ses pouvoirs magiques, celui du destin aussi, les trois étant liés. Le récit se présente sous la forme d’un journal intime, où le nain narrateur du récit s’adresse directement aux lecteurs. L’histoire se déroule en Espagne, plus précisément à Galice. On peut compter au nombre de trois enfin de quatre le nombre de personnages principaux, tout d’abord le nain qui est le narrateur, il n’a aucun prénom juste des surnoms, tous plus péjoratifs les uns que les autres, ensuite Gaixa, sa nourrice, la seule personne qui a aimé, soutenu le nain tout au long de sa vie, puis Jairo c’est celui qui l’initie à la pratique et aux émotions que procure le fait de jouer et d’entendre le son d’une guitare, et pour finir Linda, sa guitare. Une guitare qui devient un personnage à part entière car il la décrit comme une femme, une femme qui serait tout pour lui, sa compagne, son amie, sa consolatrice, voire son aimée car il entretient un lien charnel avec elle. Elle lui apparait aussi comme un instrument quelque peu magique car ensorcelant, capable de transformer les êtres. Il compte du reste sur ses charmes pour enchanter le peuple qui le rejette. Le charme va bien opérer mais les conséquences ne seront pas nécessairement celles attendues. J’ai beaucoup apprécié ce livre. C’est une histoire émouvante dans laquelle on se plonge d’emblée pour n’en sortir qu’une fois le dénouement connu. Le fait que le narrateur s’adresse directement à nous lecteurs, en nous interrogeant, nous demandant conseil, permet de rentrer immédiatement dans le livre et, pourquoi pas même, de nous imaginer faire partie des personnages. Ensuite, le récit m’a appris qu’à l’époque la sorcellerie, les croyances superstitieuses tenaient une place importante dans le quotidien des villageois, dans la façon dont ils voyaient les choses, dont ils pensaient et dont ils agissaient. Cela nous montre à quel excès d’horreur peut conduire les préjugés basés sur le seul physique d’une personne. L’atmosphère de ce récit est un mélange de mélancolie, d’incompréhension, de solitude, de souffrance et de violence. C’est un livre étonnant, triste et beau qui m’a fait réfléchir sur l’importance de l’apparence physique. Une société dans laquelle nous devons tous rentrer dans un moule, dans une certaine norme sous peine d’être rejeté, exclu et même agressé, n’est-ce pas aussi la nôtre ? Sa différence à lui, c’est sa petite taille et sa laideur, différence qui semble bien superficielle, à mon avis, puisque l’on parle ici de « l’enveloppe » d’un être et non de son intériorité, de sa valeur profonde… Mais la question dérangeante que ce récit me pousse à me poser est : la société a-t-elle évolué ? Accepte-t-on mieux maintenant la différence physique ? Je n’en suis pas si sûre… Autre intérêt majeur de ce livre : la musique, ses pouvoirs, sa magie. Dans ce récit, le nain entretient une relation très étonnante avec sa guitare. Cette relation, au départ m’a surprise par son intensité quasi amoureuse mais, au fil de l’histoire, elle devient compréhensible. En effet, ce lien lui apporte du bonheur, du réconfort et surtout de l’espoir. L’espoir d’être accepté de tous et surtout l’espoir de changer les mentalités. L’art, la musique ont-ils ce pouvoir, celui d’unir les hommes dans la communion de la beauté au-delà des différences et des divergences ? Et si on essayait d’écouter les sons d’une guitare plutôt que le bruit de la haine ? Billet de Stéphanie Chaibi étudiante en B.T.S. Assurance