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Les lycéens écrivent aussi (6ème édition - billet n°7)

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Une actualité de Marilyn
Publié le 06/01/2015
Billet portant sur Acide sulfurique d’Amélie Nothomb logocondorcet214328Il est clair que l’œuvre Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb est une acide satire des téléréalités  fusionnant authenticité et réalisme. Cette fiction fortement inspirée d’événements et de faits réels présente une téléréalité intitulée « Concentration ». Dans celle-ci, les personnes sont enlevées au hasard afin d’être soumises  aux travaux forcés, à la violence verbale comme physique, et elles ne peuvent échapper à leur terrible destin qui est de connaître une mort lente et abominable. Amélie Nothomb souligne intensément le processus de déshumanisation qui est l’un des principes même de cette téléréalité et, au-delà, de la téléréalité en général. En effet, ce roman témoigne d’une réalité future potentielle qui met en scène un gouvernement et une population passifs à la souffrance d’autrui. Qui pis est, « vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle ». Cette citation résume parfaitement la soif de cruauté présente dans cette fiction. Les candidats  sont réduits à leur minable matricule et cela nous renvoie à un passé atroce pas si éloigné de nous, celui des vrais camps de concentration car il est incontestable, comme le précise l’auteure, que le prénom « est la clé de la personne » et que priver quelqu’un du sien est le pire acte de déshumanisation qui puisse être. Apparait dans « Concentration » l’héroïque Pannonique dont la beauté irréfutable ravive le cœur des hommes comme des femmes et dont l’admirable courage va finir par éteindre la flamme de cette émission. Débordante d’imagination, elle va, grâce à son charisme et ses talents rhétoriques,  faire changer les choses en s’inventant des personnages et en manipulant la kapo Zdena, son double inversé. Cette dernière appartient à la lie de la société et cumule les tares dégradantes. Elle évoluera notamment au cours de l’intrigue qui peut aussi se lire comme un duel entre deux personnalités antithétiques. Cette fiction dénonce avec  violence l’importance grandissante accordée par la société aux téléréalités qui sont de plus en plus scandaleuses. Philosophant sur l’importance du prénom, sur la force du langage et même sur Dieu, Amélie Nothomb  incite davantage à réfléchir qu’à émouvoir sur les effets nocifs qu’entrainent les téléréalités sur la population. Elle parvient à ajouter à son roman provocant, une touche d’humour noir bienvenue. Vraiment, je le recommande à tous et en particulier aux personnes accrocs aux émissions de ce style. Il est urgent de prendre conscience de la bassesse et du danger de ce genre de programme ! Billet de Anaëlle Delapierre, étudiante en B.T.S. Commerce International 

Bibliographie