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Les lycéens écrivent aussi (7ème édition – billet n°19)

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Une actualité de Marilyn
Publié le 29/03/2016
Billet portant sur Si c’est un homme de Primo Levi levilogocondorcet214328Ce récit devrait être lu, au moins une fois dans sa vie, pour ne jamais oublier ce que fut la barbarie nazie. Primo Levi livre un témoignage bouleversant, en relatant ce qu’il a vécu le plus objectivement possible. De cette manière, le lecteur peut pénétrer à l’intérieur du camp et découvrir les effroyables conditions de vie des prisonniers, les horreurs de la déshumanisation... Il est aussi la voix de ceux qui n’ont pas eu la chance de sortir vivants de ces camps de la mort. Il nous raconte sa propre histoire, de son arrestation à la libération du camp par les Russes. Prisonnier en décembre 43, il rejoint Auschwitz en 44 pour une durée d’un peu plus d’un an. Chapitre après chapitre, il nous raconte son quotidien, décrivant son parcours et ses rencontres. L’horreur survient dès les premières pages et plus le texte avance, plus l’humiliation, la violence, la déshumanisation sont importantes. Pourtant, les prisonniers ont une volonté incroyable pour survivre dans cet enfer. Le camp fonctionne comme une véritable bourse où chaque objet représente une valeur : Primo est doué pour les trafics en tout genre, il est aussi doué en amitié et cela est important pour tenir. J’admire très sincèrement monsieur Levi. J’admire plus particulièrement son comportement, à la fois dans le camp et à travers son récit. Pendant sa déportation, il n’a jamais fait preuve de bassesse. Au contraire, il a su préserver sa dignité humaine, voire développer des liens fraternels. Dans son récit. Levi garde une objectivité permanente et ce choix rend le récit encore plus fort, encore plus marquant. On tourne les pages et on se dit sans cesse stop, on est parfois révolté alors que l’auteur, lui, n’exprime aucun mépris, aucune haine. On se demande comment un homme peut vivre de cette manière. Involontairement on s’identifie à lui, à eux : est ce qu’on aurait pu endurer tout ça ? Je ne pense pas. L’époque dans laquelle nous vivons est bien différente, on a trop de confort et on ne s’en rend plus vraiment compte. On ressort de ce livre avec un sentiment étrange. J’éprouvais du soulagement lié à la libération du narrateur et des autres déportés restés dans le camp mais également une profonde douleur : nombre de personnages de ce récit ne sont plus des hommes. Leur humanité est morte, ou eux-mêmes l’ont ensevelie sous l’offense subie ou infligée à autrui. Le titre même du reste nous amène à nous interroger sur cette nature humaine placée sous condition comme si elle pouvait disparaitre. Il faut lire ce livre au moins une fois dans sa vie pour comprendre à quel point l’humanité est précieuse et à quel point les actes humains peuvent être insensés. L’auteur dresse bien plus qu’un témoignage, il dresse une mise en garde, un avertissement qu’il veut à jamais fixer en chacun de nous. Son œuvre est un témoignage essentiel. Dans nos sociétés actuelles où le nationalisme revient dans les consciences et menace de s’imposer, le livre de Levi s’impose comme une piqure de rappel. C’est un livre à lire, pour le message qu’il représente ; c’est un devoir de mémoire. Billet de Baptiste Blanchet, étudiant en B.T.S. Commerce International