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LES LYCÉENS ÉCRIVENT AUSSI - 8ÈME ÉDITION - BILLET N°16

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LES LYCÉENS ÉCRIVENT AUSSI - 8ÈME ÉDITION - BILLET N°16
Publié le 27/03/2017
LES LYCÉENS ÉCRIVENT AUSSI - 8ÈME ÉDITION - BILLET N°16

Billet n°16 de Laureline Blachon, étudiante en B.T.S. Assurance

Portant sur Incendies de Wajdi Mouawad

 

Incendies fait partie de la célèbre tétralogie de l'auteur, composée de Littoral, Forêts et Ciels. Cette pièce de théâtre tragique nous raconte la quête de vérité de deux jeunes adultes, Jeanne et Simon, sur leurs origines, leur histoire et celle de leur mère. L’intrigue commence à la mort de cette dernière qui a laissé trois lettres à ses enfants, la première devra être donnée par sa fille à leur père, parfait inconnu qu’elle croyait mort, la seconde devra être remise par le fils à son frère dont il ignorait jusqu’à l’existence, la troisième enfin leur est destinée mais ils ne pourront l’ouvrir qu’une fois les deux autres distribuées. Jeanne et Simon vont alors partir pour un long voyage au Liban, pays natal de leur mère et revivre petit à petit l'histoire bouleversante de Nawale et de la femme qui chante, destin tragique et monstrueuse liée à la guerre et à toutes les atrocités qu’elle peut engendrer. On suit les deux femmes dans leur périple désespéré pour retrouver le fils de Nawale qui lui a été enlevé à sa naissance. Elles traversent un pays dévasté par la guerre et elles-mêmes vont subir les horreurs de celles-ci. Jusqu'au bout on ne s'attend pas à cette fin mais lorsqu'on découvre enfin qui sont le père et le frère des jumeaux, on en a le souffle coupé. Le texte de Mouawad, rappelant parfois le mythe d'Œdipe, offre aux lecteurs des moments intenses mélangeant compassion, tristesse mais aussi le rire. Il rend au spectacle tragique sous pouvoir cathartique en faisant vivre pleinement au lecteur des émotions comme l’amour ou la haine à leur plus haut degré d’intensité. Le titre peut du reste évoquer la violence destructrice des sentiments qui brûle les personnages de l’intérieur et les laisse sans voix, à l’image de Nawale sombrant à la fin de sa vie dans un mutisme assourdissant.

Ce livre est à vivre, il nous transporte, il nous secoue, il nous brûle aussi. Il nous alerte sur l'importance du savoir et de la connaissance, synonymes de liberté. Il nous rappelle aussi que l'Humanité réitère ses erreurs et ses horreurs mais que, même en ayant connu et commis le pire, l’homme peut maintenir en lui vivant l’amour et, à travers ce sentiment, il peut sauver son humanité. J'ai aimé lire cette pièce de théâtre qui montre toute la force du pardon à travers l'histoire de Nawale. Cette femme m'a touchée au plus profond de moi. C’est une femme au caractère fort, un symbole de force et de courage. Elle part de son village pour apprendre à lire et à écrire, puis va à la recherche de son fils et, même torturée, elle ne perd jamais espoir… jusqu'au jour de ce procès où le passé la rattrape… Et là encore, elle puise la force, au plus profond d'elle, de pardonner. Cette histoire m'a bouleversée, parce qu’elle dit non seulement ce que l'être humain est capable de faire de mauvais, mais aussi qu'il peut trouver la force de survivre au traumatisme qu'il a vécu. A tous ceux qui me lisent aujourd’hui, et qui aiment, comme moi, vivre à travers la lecture, je leur recommanderai de se plonger dans la lecture de cette pièce de théâtre sans hésiter.

Bibliographie