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Le jeu de la roulette russe // Chekhov's first play

CHEKHOV-FIRST-PLAY
Une actualité de Damien
Publié le 24/10/2016
Tout le monde connait la roulette russe. Il suffit d’un revolver et d’une balle. Une fois la cartouche mise dans le barillet, on le tourne, et on tire. Une sensation de vertige s’empare alors de la personne qui va jouer avec sa vie. Va-t-elle vivre ou mourir? "Chekhov’s First Play" est exactement comme ce jeu du hasard. Un pari fou, osé, rocambolesque qui peut basculer à tout moment.
Le rideau rouge est fermé et sur chaque siège attendent des casques. Présentation de la pièce par le metteur en scène qui monte sur le devant de la scène. Un ton humoristique, léger. Les lumières s’éteignent. Confortablement installé, le spectateur assiste à une relecture de la première pièce de Tchekhov, Platonov. Six comédiens sur scène attendent impatiemment la venue de de leur ami Platonov dans une maison de campagne. Le metteur en scène, telle une voix dans notre tête, évoque chaque situation, explique les raisons de sa mise en scène, situe le contexte social etc. Une sorte de commentaire audio sur un DVD en plein film.

Sueurs froides
Et puis, tout bascule. Un moment presque inattendu. Le ton montait, la voix dans nos têtes bouillonnait et le spectacle vrilla. On s’attendait à découvrir du Tchekhov, une pièce classique, un décor sobre, des acteurs qui portent toute la misère du monde. D’accord, c’est caricatural. Où sont les thèmes: suicide, agonie, monotonie, échec, inutilité de l’existence? N’en doutez pas, ils sont bien sur scène mais au service d’une mise en scène moderne, audacieuse. Car avec Chekhov’s first play, ce n’est pas du théâtre commun auquel vous allez assister. Bordel, non. C’est un vertige. Un souffle nouveau qui oscille entre réalité et fiction, entre classicisme et post-modernisme.

Les enchaînés
Bouleversement des codes. À l’image du décor, les comédiens explosent, la musique éclate et la magie opère. On pourrait tenter d’analyser l’histoire. Mais pour ne rien cacher, c’est trop compliqué à suivre. Crise de nerfs, critique de la société, absurdité du monde, règne de l’apparence et de la solitude... Bref, le texte sous-jacent de beaucoup de pièces. Mais la compagnie Dead Centre sait jouer avec nos nerfs et sait nous surprendre. Cette compagnie venue tout droit de Dublin manie musique, lumière et scénographie avec virtuosité. Elle prouve avec Chekhov’s first play une démonstration implacable du théâtre d’aujourd’hui : surprenant, riche et généreux.

Chekhov’s First Play, un spectacle de Dead Centre
Du 19 au 21 octobre 2016, au TnBA.

Bibliographie

Pour en savoir plus

Chekhov's First Play

"Chekhov's First Play" est un spectacle de la compagnie irlandaise Dead Centre. Il est représenté...

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