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Alexandre Bourdié

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Publié le 12/05/2017
Prix cordées, collège

Tout seul, vraiment seul, me tournant les pouces en essayant de dormir, réussir à ne plus penser à ce souvenir qui me hante, qui me remémore de malheureuses choses…

           24 Avril, bientôt mon anniversaire, j’allais fêter mes neuf ans, j’étais en train de préparer les festivités.

           J’avais distribué mes invitations de couleur bleue, ornées de trois étoiles dorées, au bas de chaque carton. Au-dessus, il est écrit : « Samedi, 14 h 30 13 rue Jean Péraud, j’attends ton arrivée ».

            Samedi matin, le jour « J », j’étais fin prêt. Décorations installées, gâteau alléchant de ma mère sur la table, j’attendais les invités, il n’y avait pas que mes amis, il y avait aussi la famille au complet. Je venais à peine de finir de déjeuner que j’entendis déjà quelqu’un toquer, je cours à grande vitesse jusqu’à la porte, l’ouvre mais mon impatience à voir un invité est  immédiatement stoppée : c’est le facteur qui apporte  un colis. J'appelle ma mère pour la signature du reçu. Je lui demande avec enthousiasme ce que ce carton peut bien contenir, elle me répond que je le découvrirai le moment venu.

            Les invités commencèrent à arriver, d’abord mes amis puis j’attendis que la famille et les quelques copains se présentent aussi. Je fus déçu de voir qu’il manquait cinq de mes amis, mes cousins du côté de mon père, mes grands-parents paternels et ma tante, la personne que je préfère le plus dans ma famille, hormis ma mère à qui je fais tout aussi confiance. En fin de compte, l’ambiance n’était pas vraiment comme je l’imaginais ; nous avions seulement joué dehors et un peu aux jeux vidéos, nous avions mangé le gâteau, plus aucune miette ne restait. Les invités étaient partis presque tous simultanément à 17h 30. J’avais aidé mes parents à débarrasser et tout ranger.

            Une fois ma tâche accomplie, je courus à ma chambre avec les quelques cadeaux que j’avais reçus, m’installai sur mon lit et je me mis à penser. Pourquoi la journée ne s’était-elle  pas bien passée comme prévu ? Je n’allai pas manger et je restai au lit. Au bout du compte ma journée était gâchée, j’étais triste que tous les invités ne soient pas venus, du moins ceux qui manquaient et sur qui je comptais tant. J’essayai de m’endormir mais j’attendis….

            Maintenant, j’ai quinze ans, et avoir relu cette lettre m’a fait penser à quel point j’étais émotif dans mon enfance. Je m’attristais pour un rien. Mais tout cela est si loin maintenant…