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Belle du Seigneur d'Albert Cohen, par Marie Culadet

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Une actualité de Administrateur
Publié le 21/05/2013
Lire Belle du Seigneur, c’est sauter dans le vide, être happé par la beauté du voyage et anéanti par la chute. Bon comme ça, vous n’avez peut-être pas envie de lire le livre… Disons que ce roman est le plus beau, le plus subtil, mais aussi le plus lucide et cruel qu’il m’ait été donné de lire. Surnommé « le livre de l’amour » jusque sur sa quatrième de couverture, ce livre bouleverse, émeut, fait rire, déconcerte… Bref il nous embarque ! Mais de quoi est-ce que cela parle me direz-vous ? Solal, amoureux d’Ariane, s’introduit chez elle et lui déclare sa flamme, déguisé en vieillard. Il espère ainsi qu’elle l’aime pour ce qu’il est, et non pour son physique. Effrayée par le personnage, elle le chasse. Il jure alors de la séduire comme toutes les autres femmes, ce qu’il réussit à faire. Après moult péripéties, les amants s’isolent de plus en plus du monde tout en tentant de préserver la passion de leur début. Belle du Seigneur, c’est donc l’histoire flamboyante d’une passion qui se désagrège, par une plume exceptionnelle. En témoigne cette citation : « Devenus protocole et politesses rituelles, les mots d’amour glissaient sur la toile cirée de l’habitude ». Que ce soit par le fond ou la forme, ce livre surprend. Une histoire d’amour ce n’est pas vraiment novateur à première vue ! Oui mais voilà, ici on décortique tous les gestes et les pensées du quotidien comme nul autre ne l’a fait auparavant, et c’est incroyable ! Pour ce qui est de la forme, préparez-vous à une lecture pas tout à fait simple (certains chapitres n’ont pas de ponctuation lorsqu’ils décrivent les pensées de l’héroïne) mais qui nous plonge dans l’atmosphère si singulière de ce roman. Je ne peux donc que conseiller à tous ceux que je rencontre de lire cette œuvre, qui demande certes un certain courage (ce livre est un vrai pavé), mais l’on en ressort grandi, un peu moins insouciant et ébahi.