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Dans les forêts de Sibérie

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Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson
Publié le 05/04/2017
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Sylvain Tesson, aventurier, alpiniste, toujours à la recherche de sensations lui permettant d’accéder aux faces cachées de l’être humain, s’est décidé de vivre en solitaire dans les forêts de Sibérie.

 

Il va entreprendre un voyage spirituel et philosophique accompagné de sa plume et d’une volonté exacerbée de prendre du recul. Dans son livre “Dans les forêts de Sibérie”, il nous raconte six mois de sa vie qu’il a passé au bord du Lac Baïkal, environnement hostile pour le corps mais véritable refuge pour l'esprit.  Outre ses mésaventures avec le rude hiver de Sibérie et ses rencontres avec le peuple Russe, il décrit avec élégance et sincérité sa vision de la solitude et de la société.

 

J’ai beaucoup apprécié son regard sur la nature, sa justesse et sa poésie. Comme une reconnexion avec les codes naturels, c’est pour son unique survie qu’il dépense son énergie. Ne serait-ce qu’une journée entière ne lui suffit pour réapprendre à se satisfaire de choses simple, comme une mésange qui se pose sur le rebord de sa fenêtre, la contemplation d’une immense vallée ou le calme après une tempête de neige nocturne. C’est néanmoins sans transition qu’il passe d’une vie Parisienne à une vie de solitaire en cabane, c’est pourquoi il emporte avec lui quantité de vivres et de vodka.

 

Sa perception de l’isolement et de la différence m’a amené à réfléchir. Il évoque le “vrai” caractère révolutionnaire de sa démarche, car lui, n’a pas besoin d’un système pour s’y confronter. Il nous prouve à quelle point la superficialité d’une société moderne ne sert qu’à étancher notre besoin de trouver un sens à nos vies tout en se rassemblant avec des gens qui nous ressembles.


La solitude peut être la source de bien des maux quand nous cherchons à nous conformer à une réalité qui n’est pas la nôtre, ou au contraire nous combler pleinement quand elle permet de nous recentrer. Une solitude non assumé nous place en décalage, en retard, car nous nous sentons dépendant des autres, alors que de temps en temps, choisir d’être seul nous place en première position, car nous pouvons dire au premier venu que nous n’avons pas besoin de lui.