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Electre de Jean Giraudoux, par Marie Papanicola

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Une actualité de Administrateur
Publié le 22/05/2013
Electre ce n’est pas un simple livre, c’est une véritable histoire qui a traversé les siècles, les époques et le temps. L’histoire d’une jeune fille qui recherche la vérité. Si vous voulez la découvrir dans son époque originale je vous conseille de lire la version d’Eschyle ou de Sophocle. Mais, si comme moi vous souhaitez découvrir une femme pleine de courage, une femme forte, fière et complètement folle, alors il vous faut connaitre l’Electre de Jean Giraudoux. Folle de vérité, Electre veut savoir comment son père Agamemnon, le Roi d’Argos est mort. En glissant sur le marbre lui aurait-on dit. Mais le Roi des Rois ne glisse pas, ne tombe pas. Non, le Roi des Rois ne peut mourir ainsi, cette idée lui est insupportable. Il n’y a aucun doute pour Electre son père a été lâchement assassiné. Se battant contre sa mère et son beau-père Égisthe, le futur Roi, Electre ne lâchera rien pour connaitre la vérité. Dans cette quête interminable, on découvre des personnages empreints d’une modernité insolente. Celle que je veux vous présenter est la jeune Agathe, épouse d’un vieux juge qui chante son infidélité. Son discours prônant le libertinisme féminin est presque anachronique. Se révoltant contre sa condition de femme soumise, elle montre la voie à toutes les femmes de faire éclater la vérité de leur liaison et de ne plus rester auprès d’un mari qu’elles ne supportent plus. Et s’ils fument il nous faut allumer leur ignoble cigare avec la flamme de notre cœur dit-elle. Une Don Juan au féminin. Son premier adultère ? Le bois de son lit. De l’olivier, voilà le nom de son amant. Son deuxième adultère ? Le soleil qui caresse sa peau. Son discours transpire l’envie de vivre et de profiter tant qu’il est encore temps. Elle nous expose sa vision de l’amour, ses nombreux amants sont le soleil qui brille, l’olivier de son lit, les enfants qui courent et qui rient, elle nous montre une toute autre vision de la vie. La vérité d’Agathe éclatée, Electre ne souhaite qu’une seule chose : révéler celle de sa mère. Persuadée que celle-ci avait un amant et coupable de la mort de son père, Electre veut la faire révéler au grand jour. Et tandis qu’Electre met la ville à feux et à sang pour découvrir cette mort inexpliquée on découvre une famille déchirée. Un père assassiné, un fils abandonné, une ville saccagée. Electre détruit tout sur son passage. Et puis, on comprend. La vérité, celle qu’Electre a tant désirée, nous apparait telle une lueur dans l’obscurité. Au début on ne sait pas, on doute. Une histoire remplie de haine, d’amour incestueux et d’aveux terrifiant. La vérité n’est pas toujours belle à voir finalement, car Electre plutôt que de renoncer à sa quête préfère mener son empire à sa perte. Clytemnestre, la mère d’Electre, la veuve d’Agamemnon et amante d’Egisthe, a commis avec ce dernier le meurtre du Roi des Rois. Folle de vengeance, Electre pousse son frère Oreste à commettre un matricide et tue Clytemnestre. Mais cet acte irréparable va le pousser à s’exiler, rongé par le remord. Et puis, il y a cette dernière phrase, qu’on ne comprend pas immédiatement. Cette dernière parole d’Electre qu’on ne saisit pas, cette lueur d’espoir alors que tout semble perdu. Cette phrase, remplie de sens, qu’on lit et relit pour être sûr de l’avoir bien comprise. Lorsque le jour se lève et où tout semble saccagé et que l’air pourtant se respire, cela s’appelle l’aurore.