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Les lycéens écrivent aussi (4e édition – billet n°22) 1

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Une actualité de Administrateur
Publié le 30/04/2013

Billet portant sur Bas les voiles ! de Chahdortt Djavann

L’auteur est née en Iran, elle était contrainte de porter le voile. C’était le voile ou la mort, il n’y avait pas d’échappatoire. Tout au long de son témoignage, Chahdortt Djavann nous expose son opinion sur l’Islam et ses composantes. Elle parle de son vécu en Iran et de ce qu’elle a ressenti et compris de l’Islam. Ce que j’aime dans ce livre c’est que cette femme n’a peur de rien, elle dit ce qu’elle pense comme elle le pense et on sent bien qu’il y a eu une longue réflexion et méditation derrière ses propos. Son livre est polémique, elle prend nettement position et revendique l’interdiction du port du voile des jeunes filles en France et dans les pays démocratiques. Elle ne comprend pas comment des jeunes filles qui ont le choix et la possibilité d’accéder à une certaine liberté, peuvent s’aliéner à une pratique qu’elles exécutent sans savoir le pourquoi du comment. Pour Chahdortt Djavann, le voile représente une perversion, on couvre les femmes sous prétexte de vouloir les cacher et les préserver du regard des hommes, mais en réalité il ne constitue aucune barrière. Bien au contraire, l’auteur explique que le voile attise l’envie, attire le regard et finalement expose autant celles qui s’y soumettent que le sont les femmes dénudées sur des magazines. Par ailleurs, Chahdortt Djavann incite les femmes musulmanes et les autres à faire valoir leurs droits, elle s’adresse aux hommes musulmans (père comme fils) et les enjoint à respecter les femmes et à réfléchir sur certaines interprétations qu’ils font de l’Islam. Pour elle, l’Islam est une religion de paix et d’amour et toute pratique barbare qu’enseignent certains philosophes musulmans ne fait que la compromettre.

En tant que musulmane, je me suis interrogée sur les propos de Chahdortt Djavann et j’ai souvent été d’accord avec elle. La femme doit être sur un pied d’égalité avec l’homme. J’ai aimé ses provocations qui ne sont jamais gratuites mais amènent chacun à s’interroger sur lui-même et à remettre en cause ses certitudes et ses agissements. On pourrait dire, de façon quelque peu cavalière, que tout le monde en prend pour son grade, y compris les intellectuels et autres autorités françaises qui, sous prétexte, de tolérance, font preuve de passivité et d’hypocrisie coupables et se rendent ainsi complices de cette subordination forcée de la femme. Elle dénonce ainsi la collaboration de ces derniers dans la mise en place de la loi islamique en Iran avec Khomeiny. Dans l’un des passages, voici ce qu’elle dit : « Ecoutez fonctionner la machine rhétorique de certains intellectuels français. Laissons faire le temps et la pédagogie. Entendez bien : une fois encore, laissons faire les autres, les filles voilées vivre voilées et les enseignants se débrouiller. » Le style est toujours très incisif, parfois moqueur et sarcastique. Ainsi en est-il dans le passage suivant : « si l’Homme musulman aime tant le voile, qu’il le porte lui-même ».

Je conseille vivement cet ouvrage à celles et ceux qui s’interrogent sur l’Islam et, plus particulièrement, sur le port du voile. Il s’adresse aussi évidemment tout particulièrement aux jeunes filles voilées qui souhaitent élargir leur réflexion sur cette pratique. Enfin ce livre est aussi conseillé aux hommes musulmans qui interprètent cette religion de manière stricte, parfois discutable.

Billet de Maryem Khalifa, étudiante en B.T.S. Commerce Internationnal première année

Bibliographie