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Les lycéens écrivent aussi (5e édition - billet n°15)

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Une actualité de Marilyn
Publié le 03/03/2014
Billet portant sur Le scaphandre et le papillon de Jean-Dominique Baudy Jean-Dominique BAUBY, l'auteur de cette biographie raconte une partie de sa vie à travers un mode de communication très particulier. En effet celui-ci est victime, à l’âge de 42 ans, d’un accident vasculaire cérébral et se retrouve paralysé de la tête aux pieds à l'hôpital de BERCQ. Toutes ses facultés mentales, auditives et le fonctionnement de son œil gauche sont intacts. C'est avec son œil gauche qu'il dictera son livre grâce aux seuls battements de sa paupière. Dans cette biographie, il se replonge dans ses souvenirs pour nous raconter ses moments heureux, ses regrets, tout en revenant aussi par moments à la réalité de l'enfermement de son âme dans un corps inerte et des désagréments subis à l'hôpital, la négligence du personnel hospitalier, le désespoir dû à son état, le regard des autres difficile à supporter… Certaines pages sont très éprouvantes à lire tant sa détresse est bien exprimée, tant les émotions affleurent à chaque ligne. La patience et le courage de Jean-Dominique pour venir à bout de son objectif : dicter son livre dans son intégralité sont tout simplement extraordinaires. A travers ces rêveries, il exprime ses regrets de ne pas avoir suffisamment témoigné son amour à ces proches et de ne pas avoir assez profité des moments simples en famille comme la fête des pères qu'il fête avec ses enfants pour la première fois après son accident. Son accident lui permet de prendre conscience de la valeur des choses et des êtres qui l’entourent auxquels il ne prêtait pas nécessairement attention avant et cela m’a aussi amené à réfléchir à mes propres comportements, à relativiser les petits tracas de l’existence pour me recentrer sur l’essentiel. Ce qui me rend également admirative c'est que malgré la tragédie et l'enfer qu'il vit au quotidien, il sait rire de lui même alors qu'il aurait très bien pu s'apitoyer sur son sort c'est cela qui fait sa force. Quand, pour la première fois, il voit son image qui est celle d’un monstre, il s’imagine dansant avec son infirmière alors qu’il ne peut même pas bouger le petit doigt, ou la dérision de soi comme arme contre l’insupportable. J'ai trouvé le titre très bien adapté à l'histoire et très poétique, comme il a su l'être tout un long de l'œuvre. Le scaphandre désigne son enferment et sa solitude tandis le papillon son esprit intact qui voyage à travers le temps et parcourant les souvenirs enfouis de son autre vie. Ce livre m’a bouleversée, il est à la fois beau, touchant, courageux. C’est au moment où l’auteur est réduit à l’état d’un légume qu’il ouvre son âme de poète et nous fait découvrir tous les trésors insoupçonnés qui sont dans l’esprit d’un être n’ayant d’autre occupation que la contemplation de son intérieur. Leçon de vie, poème, tragédie non dépourvue de comique, ce livre est tout cela à la fois et encore bien d’autres choses.

Billet de Magali Wolek, étudiante en B.T.S. Assistant de Management deuxième année

Bibliographie