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Room

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Room - Emma Donoghue
Publié le 05/04/2017
Découvrez les chroniques des participants au concours Kedge Jette l'encre - édition 2017

Une relation fusionnelle. Un fait divers hors du commun. Une histoire bouleversante.
Tel un journal intime, celui d’un petit garçon, ce livre nous fait vivre un quotidien aux apparences ordinaires ; une enfance innocente faite de jeux, de câlins, d’amour. Jack semble heureux, il est entouré : il y a madame Table, monsieur Tapis et surtout sa maman, avec qui il passe chaque instant, dans la Chambre.

Cette Chambre, c’est le seul endroit qu’il n’ait jamais connu. En réalité, c’est le seul endroit qui existe réellement, lui a-t-elle toujours dit. Une salle de bain, un lit, des murs insonorisés, une porte blindée. Jack connait tous les recoins de ce monde. Ce monde où il vit seul avec sa maman, ou presque. Qui est cet homme qui vient tous les soirs quand il dort, blotti dans le dressing ? Sans lui, il n’y aurait rien à manger, ni de cadeaux du dimanche.

Jack a 5 ans. Il nous raconte alors dans les moindres détails son quotidien aux côtés de sa mère. Ce style d’écriture, volontairement enfantin, nous plonge dans la tête de ce petit garçon hors du commun, qui nous rappelle nos préoccupations les plus anciennes, quand nous n’étions alors que des enfants.
Cet enfant, enfermé depuis sa naissance dans la dure réalité de la séquestration, ne voit pas les choses comme sa maman et vit avec elle des moments de bonheur chaque jour, à travers leurs petites habitudes. Le bain, le choix du repas, et les histoires, que lui racontent en boucle sa maman, ne lui laissent pas le temps de s’ennuyer. Cette tragédie semble alors occultée par toute la description de leurs occupations.

Cette femme, pleine de patience et de prévenance envers son petit ange, né à même le sol encore tâché de sang, se bat pour lui offrir une enfance heureuse. Tous ces détails dessinent des personnages très admirables et surtout attachants. Refusant de se laisser submerger par le désespoir, elle l’éduque, lui apprend les bonnes manières, ne laissant aucune place à l’indolence.
Pourtant elle ne rêve que d’une chose : partir. Mais cela semble impossible. Cela fait maintenant sept ans. Sept ans qu’elle n’a pas vu la lumière du jour, autrement qu’à travers une lucarne. Il lui faut avouer à Jack qu’il existe un dehors ; que derrière cette porte ne se trouve pas un espace de vide infini, mais bien un monde qu’elle aimerait retrouver. Jack est heureux ici, il se sent libre. Que-se passerait-il s’il découvraient la vérité, sans aucun espoir d’évasion ? Le lecteur se retrouve alors profondément ému par un éventuel départ de cette Chambre que Jack affectionne tant. Le suspens du récit commence. C’est décidé, ils doivent partir. Elle doit recommencer à y croire.