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Soumission

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Soumission - Michel Houellebecq
Publié le 05/04/2017
Découvrez les chroniques des participants au concours Kedge Jette l'encre - édition 2017

J’ai choisi ici d’évoquer un livre qui aujourd’hui prend tout son sens dans l’ambiance de campagnes électorales actuelle. Evidemment, j’ai adoré. Michel Houellebecq aura su, tant grâce au style de son écriture que par le sujet à polémique qu’il met en avant, intéresser et faire réagir. Le fait que je ne m’y sois plongée que deux ans après sa sortie, alors que j’en avais beaucoup entendu parler auparavant, ne me permet pas de juger de la réaction que j’aurais eu lors de la polémique créée par l’ouvrage. Ce livre aura su non seulement me faire réfléchir, mais a en plus suscité de fortes émotions chez moi.

 

Dans la première partie, l’auteur décrit la société dans laquelle évolue son protagoniste et le climat politique. Il met des événements sur les sept ans qui séparent l’année de publication de l’époque de l’action, et ce au moyen de données et de personnages réels et bien connus des français. Cela donne un contexte à la lecture, ainsi que quelques références utilisées par l’auteur lors de la rédaction. Cela m’a permis de me sentir d’autant plus concernée par le contenu de l’ouvrage et par la situation qu’il mettait en scène. La plupart des mentions à des personnages publics sont accompagnées de critiques écrites avec une forte dose d’ironie, ce qui rend l’auteur difficile à fustiger pour cause de prise de parti. Evidemment, l’objectivité n’était pas forcément le but recherché lors de l’écriture de l’ouvrage, dans la mesure où il s’agit d’une satire de la société d’une manière générale.

 

                Michel Houellebecq arrive à donner de l’urgence à la lecture lors de tout le processus électoral, ce qui est impressionnant compte tenu du fait que le dénouement de cette partie était déjà connu. Le personnage de Myriam contribue à faire monter ce sentiment d’urgence et d’appréhension. J’admets ne pas la trouver attachante, mais elle donne une perspective au point de vue des personnes qui se sentent suffisamment en danger pour partir. Ce n’est pas de la lâcheté mais une prudence compréhensible en ce genre de situation, bien que l’issue ne soit pas encore claire.

 

La coupure des moyens de communication contribue à faire monter une appréhension latente. Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, on a l’habitude d’avoir un accès immédiat à l’information et à la communication ; cela contribue grandement au sentiment d’isolement et de problème ressenti lorsque ce n’est plus le cas. J’imagine qu’il n’est pas scandaleux de penser que dans un cas semblable, le gouvernement se permettrait des interférences identiques. Ce phénomène fait réfléchir à ce qui arriverait réellement dans une telle situation.

 

Ce sentiment d’incertitude est accentué lors à la suite des élections par la modification des habitudes que l’on peut constater : ils me paraissent brutaux, mais ce n’est rien comparé au sentiment d’injustice à l’encontre des femmes que ce passage me fait ressentir, phénomène encore renforcé par l’acceptation du protagoniste …

 

Le 8 Mars 2017, Journée internationale du droit des femmes