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Un cri d'amour au centre du monde de Koyichi Katayama

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Une actualité de Administrateur
Publié le 04/06/2014
« Passent les jours d’été, passent les nuits d’hivers, passe un siècle entier, j’irai là où tu demeures ». Sakutaro, tout juste 17 ans, part en Australie disperser les cendres de la jeune fille qu’il aime, Aki. Aki qui ne s’écrit pas comme la saison des feuilles mortes, goût de leur premier baiser, mais Aki, idéogramme symbolisant la prospérité. Malgré ce prénom porteur de vie, Aki est morte d’une leucémie. Sakutaro s’imagine responsable de cette maladie car il avait un jour fait croire que son amoureuse souffrait d’une leucémie, lors d’une émission de radio qu’Aki écoutait, afin que sa chanson soit diffusée. Amour d’adolescents et d’adultes à la fois, Sakutaro et Aki n’imaginent pas leur vie l’un sans l’autre, lorsque la jeune fille apprend sa maladie. Malgré l’espoir de guérison, Sakutaro la voit s’étioler, subir la souffrance de la maladie et les lourds effets des traitements. Aki partie, Sakutaro se sent vide et se remémore leur brève histoire d’amour. Leur rencontre, leur amitié, la tendresse qui devient amour, les maladroites tentatives d’un adolescent pour se rapprocher de celle qu’il aime, le jour de leur premier baiser… En dispersant les cendres d’Aki, Sakutaro se souvient qu’il avait aidé son grand père à subtiliser les cendres de la femme que ce dernier avait aimé. Les vieux amants avaient été séparés trop tôt. Faute de pouvoir être enterrés côte à côte, ils souhaitaient voir leurs cendres dispersées ensemble. « Les hommes ont inventé l’au-delà parce que des gens qui leur étaient chers mourraient » La tristesse les fait se questionner sur l’existence d’une vie après la mort. Seront-ils réunis à nouveau ? La beauté de ce livre très émouvant réside dans son style très japonais : pudique, doux, poétique. Malgré le titre, malgré le sentiment d’impuissance, d’injustice face à la mort d’une si jeune fille, aucun cri de désespoir, mais beaucoup de questions, d’incertitudes sur la vie. Que faire, qui devenir lorsque la personne que l’on a aimé avec tout son être nous quitte ? Si l’auteur nous tire quelques larmes à la fin, pour autant, on ne ressort pas de la lecture inconsolable, mais plutôt mélancolique, emplis d’une certaine nostalgie, mais aussi d’espoir. Car malgré sa tristesse, et même s’il aimera toujours Aki, Sakutaro parvient, des années plus tard, à disperser la petite fiole de cendres qui ne le quitte pas. C’est au milieu d’une bourrasque de pétales de fleurs de cerisier, dans la cours de l’école qui avait vu leur amour fleurir puis faner, que Sakutaro fait son deuil. Pauline MALFAIT