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Ivresses de Marvin

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Une actualité de C.C.
Publié le 15/03/2016

arbre et rivièrePour la deuxième année, dans le cadre des "Mardis de Montaigne" (le Lycée) en ce six mai 2008, a été décerné le prix du Concours de Poésie ouvert à dix classes de seconde. Ouvert à tous et ayant reçu une belle participation, ce concours est animé par des professeurs. Le Jury est constitué d'autres professeurs, de documentalistes mais aussi d'élèves d'autres niveaux et d'un libraire de Mollat.

Le lauréat se nomme Marvin Subercaze, il a lu devant une belle assemblée son poème que nous reproduisons ici en exclusivité. S'agit-il des prémices d'une belle carrière au service des muses ou du témoignage des beaux feux que l'adolescence vibrante peut déployer quand il est question de laisser parler ses sentiments ? Nous l'ignorons encore. Il a été cependant offert à notre "représentante" de faire la connaissance d'un trio de jeunes gens émouvants et convaincus, dont ce fameux Marvin qui a bien voulu nous dire, en quelques mots pudiques qui il était. Radiographie rapide d'un garçon de son temps et d'un enfant de son siècle (car il avoue aimer Musset...), il nous confirme ce que nous croyons savoir, qu'un poète sommeille en chaque musicien, dut-il écouter du Marilyn Manson (qu'il arbore sur son tee-shirt, ce qui permit à notre jurée de savoir qui était Marilyn Manson...) et se trouver à la tête d'un futur groupe de "death metal" (Insanity, tout un programme pour quatre apprentis rockers...). Agé de seize ans, cet élève d'une section d'Arts plastiques avoue apprécier aussi Baudelaire et Apollinaire, ces rimes en -air s'accordant bien avec son goût pour les thrillers...Et pour nous intriguer un peu plus, il avoue son narcissisme, son côté schizo organisé, se plaisant à l'ambiguité et ravi de trouver dans l'écriture un exutoire à ce qui pèse et entrave son coeur.

Mais l'heure s'affiche sur nos écrans, cette suite inquiétante de zéros qui annonce le milieu de la nuit et sert de titre à ce fameux poème récompensé ce jour. Nous vous laissons le découvrir et l'apprécier.

 

00 : 00 : 00

C'était un étrange soir d'hiver

Elle venait d'entrer par derrière.

Ses pas résonnaient ;

Elle chantonnait un doux air schizophrénique.

Ses pas approchaient ;

Voici l'heure de la confession pathétique.

J'aperçus son corps répugnant,

Rampant comme un serpent.

Tout à coup, dans un élan héroïque,

Elle se dressa, se déshabilla,

Et entama un chant mélancolique.

Elle persista à s'approcher de ma gorge brûlante,

Je la saisis par une réaction inconsciente,

Mais ce fut trop tard;

Elle venait de me transpercer par son dard...

Voici venue la Fin ;

Inclinez-vous devant votre impuissance.

Le venin se répand : je flanche.

Mes muscles se paralysent:je me soumets.

Une pilule,puis deux:je rêve.

Un baiser:je meurs.

Si Satan règne aux enfers,

Elle en est sa correspondante en personne....

Mon frère,nous en sommes tous les artisans,

Tout comme nous en sommes les victimes.

La souffrance par la douceur,

Telle est sa vocation,

Tel est son dicton.

Sur Terre et en Enfer,

Au paradis ou dans son lit,

Ce serpent répond au même nom.

Il suffit de l'appeler;

Amour

 

 

Marilyn Manson

Les deuxième et troisième prix ont été décernés à Alice Chudzinski pour De Profundis et Koutar Hirsane pour "Souvent seule,..."

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Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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